Je vais te dire, c'est peut etre une connerie et je ne peux pas prétendre que j'en suis intimement convaincue mais quelque chose me dit que c'est la vérité. Entre contradiction et naïveté, cynisme et légèreté, Pop et profond, Mélancolique et joyeux. La petite fille a grandi, elle est désormais une demoiselle. Elle croit. En faite elle ne sait pas vraiment, elle doute, comme tout le monde. Et elle s'efforce de suivre son inuition et d'oublier les idées des grandes personnes, insouciantes, qui dictent un echo de detresse plutot qu'un elan de folle décadence. Naiveté passagère envisageable. Dépourvue de reconnaissance, impardonnable. Croire en tout et en rien me rend amer a la moindre affection. L'ignorance me tue. C'est plus qu'une intuition, c'est une certitude. Terrible et inattendue. À présent, j'ai peur. Libre à moi meme. Libre. Liberté. Belle liberté. Tellement libre que je ne rensens plus aucune attache, libre et face aux souvenirs, puisque c'est la seule chose a laquelle je puisse encore m'accrocher. Je me contredis, C'est très joli d'être innocente, encore faut-il ne pas en abuser. J'évite les regards. J'ai mal. Je vais bien. Sans inclinaisons, sans détours, sans retombées inavouées, je vais bien. Bien sûr le chagrin a ceci d'inspirant qu'il est déclinable sous toutes ses formes, qu'il semble indéfiniment avide de mots. Bien sûr, je n'ai pas cette force constante qui me lève dans le ciel, au dessus des nuages, qui m'entoure de douceur et m'empêche de me briser le c½ur en retombant. Mais je vais bien, et ce sentiment, si léger, si fugace peut-être, se devait d'être noté. Parce que malgré les mensonges , malgré les valises d'instants qui se vident, il y a le reste, le rappel de ce que l'on est, au fond pas si profond. Et les paillettes et les baguettes magiques, et les rêves qui resurgissent, et les convictions qui se frayent un chemin, bousculent les regards vides et rallument l'ampoule de l'espoir. Et si je choisissais d'être éblouie? Et puis... Je ne suis plus qu'une forteresse de solitude. Esprit superficiel. Une capitale de douleur. Confusion passagère. La vérité réside sans doute ailleurs. Au fond de ma tête, quelque chose refait surface. Souvenir déjà lointain. J'ai dû m'y laisser prendre à l'excès. Souvent, j'ai essayé de me réconcilier avec mes engouements d'autrefois, ce fut chose vaine, manque de courage et de temps. Je m'arrete. Soudain, les larmes m'envahissent. Je sens un vide, c'est comme une morsure. Je n'ai plus le gout de rien. Mon coeur et mon cerveau sont des organes passés de mode. C'est une douche glacée de la vraie vie qui reprend le dessus. Seule. Dans ce cinéma de mes rêves. Je me projette a l'infini la scène de nos retrouvailles.. Sans toi, les émotions d'aujourd hui ne seraient que la peau morte des émotions d'autrefois. Le téléphone semble vouloir sonner. Mais c'est au tour du silence de se taire. Tous ces cons, comme moi, comme ces millions de gens qui ont vu tomber une pomme et Newton seulement s'est demandé pourquoi. Comme eux, ceux qui ne vous quittent jamais. Qui partagent tout incontestablement. Qui offrent des instants volés au ciel sans doute, mais ces instants-là, nous appartiennent avec une telle évidence, s'offrent tant à nous ... Que l'on se donne à eux, naturellement. Ainsi nous appelons contre nature ce qui advient contre la coutume, rien n'est que selon elle, quel qu'il soit. Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous l'erreur et l'étonnement que la nouvelleté nous apporte. Eternelle indécision. Et si les erreurs sont les portes de la découverte alors je me demande pourquoi je ne découvre rien de plus a présent. Le piano résonne, frissone, se tait, et m'emporte là où je peux rever. Mais mieux vaut tomber de très haut que de voler comme un moineau. Prendre du recul, survoler d'un pas mes incertitudes, mes absences, mes frustrations. Tristesse supposée... Non dissimulée. Je me sens disparaître à une vitesse terrifiante. J'ai regardé, écouté, fermé les yeux . Je fixais tes vertiges. J'ai parfois cette étrange, troublante impression d'être définie par le regard d'autrui. Des yeux étrangers se posant sur moi, me donnant l'impression de ne pas être a la hauteur, sans savoir qu'ils n'apperecoivent qu'une infime & insignifiante partie de moi même. Je suis ridicule. J'en arrive à la conclusion puisque j'en ai assez de penser. Instants volés, imaginés, créatifs, mélancoliques, payés, perdus, abandonés, séparés, aimés, pédagogiques, tragiques, solitaires, insoupsonnables, ironiques, heureux, dépassés, et j'en passe.